Mes missions

Chouquette grandit sans attendre sa siphonnée de mère !

De toutes les missions qui m’incombent, ma préférée est de loin celle de « mère d’ado ». Et pourtant, c’est loin d’être la plus facile…

Quand je parle d’ « ado », c’est discutable. C’est selon si j’en parle à un parent de ma génération (et ils sont rares à être parents d’ado pour le coup), ou à un parent de la génération précédente (Maman, clin d’œil à toi !). Parce que les ados d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’hier !

Nan, nan…. Définitivement pas les mêmes… D’ailleurs, aujourd’hui, on est ado bien plus tôt qu’hier… (Attention, la vieille bique pointe le bout d’son nez !)

Sortir de l’adolescence pour mieux y revenir

N’ayant moi-même que 30 ans et quelques poussières – hors taxes, bien évidemment ! – j’en sors à peine de l’adolescence !

J’ai eu la joie d’être mère tôt, et c’était un choix. J’étais d’attaque pour affronter les nuits blanches, assumer les crises de pleurs (même si elles ont été rares, il faut être honnête), vivre la crise d’opposition que tous les parents vivent aux alentours du troisième anniversaire de leur progéniture, affronter la première rentrée scolaire,…  Je pense même pouvoir dire que j’ai bien géré toutes ces étapes !

Il fallait que nous restions générationnellement proches, pour que nos considérations métaphysico-philosophiques à venir ne soient pas trop éloignées et que je ne sois pas décorrelée de sa réalité …

C’était sans compter sur le fait qu’une vingtaine d’années peut suffire à creuser un fossé générationnel.

C’était sans compter sur le fait qu’un caractère ne fait pas l’autre.

C’était sans compter, non plus, sur le fait que je n’ai pas la même vie que ma mère à l’époque où elle a eu la joie et le bonheur de se trouver confrontée à mon douce adolescence…

Je n’ai aucun problème avec l’idée de vieillir (si, si, je vous assure !), mais voir Chouquette grandir, ça, c’est plus compliqué…  Vivre son adolescence alors que je passe tout juste le cap des 30 piges, ça non !

Pas prête qu’elle était la jeune mère que je suis !

L’entrée au collège, et autres dommages collatéraux

Ca s’est gâté avant même la fin du primaire… Ouais, je sais, c’est tôt. Mais je vous avais prévenus (cf. ma parenthèse de vieille bique plus haut !).

J’ai commencé à entendre (Attention, florilège) :

– Parler de téléphone, « Toutes mes copines en ont un ! (Oui, oui, vous avez bien lu : « toutes ». Et là tu te dis : de deux choses l’une : soit je suis déjà complètement déconnectée de la réalité et il n’y a que moi que ça choque qu’un gosse ait un portable en CM2, soit Chouquette commence à faire preuve de mauvaise foi, voire de fourberie, et là, ça sent l’début des emmerdes !».) Autant vous dire que le coup du « Moi, il fallu que j’attende d’être en première pour l’avoir mon téléphone Alcatel One Touch en plastique vert », vous pouvez toujours le tenter, mais c’est au risque de vous prendre un « Ouais, ben ça, c’était une autre époque ! » dans les dents !

– Des « t’te façons tu m’comprends pas ! » avec claquage de portes en bonne et due forme (OK : c’est VRAIMENT le début des emmerdes ! 😦 ). « Mais bien sûr que si j’te comprends ma chérie ! J’étais dans le même cas que toi il y tout juste 20 ans ! C’est pas si loin que ça quand même ! »

– Puis arrive le « J’ai une chambre de bébé, c’est la honte ! ». Quand il a fallu que vous partagiez vos 11m² de chambre avec votre sœur jusqu’à ce que vous quittiez le cocoon familial, vos mâchoires se crispent légèrement à la vue de cette chambre de 15 m², lumineuse quoique remplie de jouets parfois à la limite d’obstruer la fenêtre, offrant la belle piste de danse que j’aurais rêvé d’avoir, et occupée par une seule et unique mouflette qui trouve encore le moyen de s’en plaindre !

Puis… puis… la rentrée au collège… Et là, c’est le drame ! (Oui, parce que jusque là, ça va !)

Le genre de drame que tu ne vois pas venir. Parce qu’une rentrée en 6ème, c’est somme toute assez semblable à une autre rentrée. A quelques détails prêts…

On se prévoit une journée pour l’achat des fournitures (et arpenter les rayons des supermarchés à l’approche d’un 1er septembre n’est pas une sinécure, tous les parents d’enfant(s) scolarisé(s) le savent), une séance shopping avec Chouquette pour remplir la garde-robe et choisir sa tenue de scène pour le jour J (Ca, ça peut être sympa. Mais seulement quand toi-même t’aime faire les boutiques – ce qui n’est pas forcément mon cas, et que t’as une fille qui aime les fringues – ce qui ne l’était pas non-plus à ce moment-là. Ca à changer depuis, merci le collège !). On tente d’abandonner le rythme des vacances et de re-caler le rythme de sommeil… Jusque-là, donc, tout va (presque) bien.

Sauf que…

Sauf que je quelques jours avant la rentrée, je croise ma fille à la sortie de sa douche. Paf ! Prends-toi une beigne dans la tronche, Maman ! L’adolescence naissante mais déjà bien visible de ma fille me prend à la gorge, je frôle la crise cardiaque et manque de tomber à la renverse dans les escaliers en sortant à reculons de la salle de bain !

Il m’a fallu quelques jours pour aborder le sujet avec Chouquette. Lui dire qu’il nous faudrait aller dans des rayons que je visitais seule jusqu’à présent : ceux des sous-vêtements ! Devant ses yeux agars, ma gorge s’est de nouveau serrée. Elle avait l’air de me dire : « Hein ?! De quoi tu m’parles ? Des sous-vêtements ?! Mais j’en ai des culottes, pas besoin de plus ! » Non, ma fille, je ne te parle pas de culotte (même si moi aussi je préfèrerai qu’on en reste à son stade, là-tout-de-suite-maintenant !)

Et il paraît que ce n’est que le début

En fait, je pense sincèrement que si cette étape (et celles à venir, parce que il y en a encore à venir des changements physiologico-morphologiques ! Elle n’a pas 12 ans encore, ma Chouquette !) est difficile à passer pour moi, c’est parce qu’elle n’est clairement pas en phase avec toutes ses modifications qui s’opèrent chez elle. Derrière ses revendications de pseudo-ado rebelle en quête d’indépendance, elle a encore une côté enfant (très) prononcé !

Alors j’essaie de l’accompagner au mieux. On en discute, même si c’est souvent moi qui amène le sujet. Je sens qu’elle commence à comprendre que la parole est libre entre nous, et qu’elle peut me parler de ce qui la chafouine ou de ce qui lui échappe. Et ça, j’aime !

Un an s’est écoulé depuis la rentrée de Chouquette au collège. Pour la première année, elle a du prendre le bus seule, d’abord pour de courts trajets, puis pour des plus longs, ce qui n’a pas manqué de l’angoisser un peu beaucoup. Et on lui offrait là un bel argument servi sur un plateau pour relancer la demande de téléphone ! Mais on a tenu bon ! Après tout, comment on faisant nous, « à l’époque » ?!

Elle a très vite trouvé ses marques dans cette nouvelle organisation. C’est encore en cours pour ce qui est de son corps.

L’année a été mouvementée, au rythme de nos crises d’hormones respectives, mais on tente de ne pas se taper dessus trop souvent. Les portes continuent de claquer, à l’occasion. On commence à parler chiffons, fringues, recettes de cuisine…

Alors, même si certains jours ça frôle la méthode Coué : j’adore mon rôle de mère d’ado !

(Ah… Et Chouquette a son portable depuis quelques jours, ce qui viendra certainement alimenter un billet sur les ados et les nouvelles technologies prochainement ! 😉 )

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2 réflexions au sujet de « Chouquette grandit sans attendre sa siphonnée de mère ! »

  1. Coucou !
    Tiens moi aussi PetitTonnerre est LE SEUL à ne pas avoir de portable !! 😉
    Il l’aura pour son entrée en 2nde. On tient bon !! Par contre il a une tablette donc pour moi c’est tout comme…
    A bientôt !

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    1. L’organisation des maisons de Chouquette ayant changé, elle doit désormais prendre les transports en communs tous les jours… Pour la tranquillité d’esprit de tout le monde, nous avons abdiqué 😒

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